Les défis logiques aux approches scientifiques de la conscience

De Anopticamp
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Michel DE HEAULME

CHU Pitié-Salpêtrière, 91 bd. de l'Hôpital, 75634 Paris Cedex 13, mdeh@pratique.fr

LES DEFIS LOGIQUES AUX APPROCHES SCIENTIFIQUES DE LA CONSCIENCE

Les approches scientifiques de la conscience sont, par définition, la recherche d'un modèle qui rendrait compte non pas uniquement de la façon dont fonctionne la conscience (sens anglais de intelligence), mais de ce qui lui permet d'apparaître en tant que phénomène, sinon la cause.

Cette communication a pour but de mettre en évidence en quoi ce dernier objectif est problématique, en raison même de la façon dont est constituée la formalisation, sans laquelle il n'y a pas de science. Il ne concerne donc ni des considérations externes aux sciences, ni telle approche fonctionnelle particulière innovée par un chercheur, mais recense quelques uns des défis posés à l'intérieur des sciences par le fait même de vouloir rendre compte de la conscience en tant que système calculable, c'est à dire issu d'une formalisation utilisant les principes de la logique.

Ces défis semblent devoir être regoupés selon trois thèmes principaux, non exclusifs d'autres aperçus :

  • Les défis structuraux, concernant notamment le genre d'autoréférence en cause et la topologie très particulière du « je sais que je sais que ».
  • Les défis de l'immatérialité, la conscience apparaissant comme un mode de production d'idées (et non pas seulement comme une gestion de connaissances constituées). Ils se manifestent notamment par la capacité à « mettre à distance » le monde que l'on observe dans les questions de perception, connaissance, signification ou apprentissage. Ou encore dans le fait que la constitution d'un système, au sens de la Systémique, nécessite un projet.
  • Les défis tenant à notre conception du continuum espace-temps, alors que nos moyens de calculs opèrent tous selon des entités discrètes.

L'intérêt positif d'un travail d'explicitation de ces défis portés au sein des sciences est double :

  • Ne pas en faire une question de dualisme, esquive habituelle commode, mais de poser concrètement les types de problèmes vis à vis desquels nos moyens de formalisation actuels doivent progresser.
  • En arriver à pouvoir proposer une grille d'analyse qui, même embryonnaire, permettrait d'apprécier ce sur quoi porte exactement un mode d'explication de la conscience donné, et les aspects qu'il laisse éventuellement de côté.

Un accord sur une grille de ce genre serait susceptible de clarifier beaucoup plus rapidement les propositions faites sur le thème de la concience, au moins en ce qui concerne leurs aspects logiques ou formels.